La réponse réside
dans te mot magique: humour. Car si Xéna séduit les petits comme les grands, c'est
grâce à la loufoquerie ambiante. Jamais, la mythologie et l'antiquité n'auront été à
ce point malmenées dans une série, si ce n'est le très parodique Wizards and Warriors
(1983).
Libérés des contraintes historiques, les scénaristes ont parsemé l'univers « antique
» de Xéna de nombreuses références anachroniques avec, au fil des épisodes, des
rencontres ou des allusions aussi loufoques qu'inattendues : Jésus, Picasso, Stallone,
Travolta ou encore Indiana Jones.
Plus forts que pour Max la menace où la délire allait pourtant bon train, les
producteurs n'hésitent pas à jouer la carte de l'auto-dérision - contrairement aux
séries concurrentes qui auraient plutôt tendance à se prendre très au sérieux. Même
les moments les plus sombres comme certains combats sont teintés d'un humour décalé,
contre-balançant habilement la noirceur de certains méchants, réels comme César ou
Néron, ou fictifs comme le terrifiant mais séduisant Arès (Kevin Smith) ou la cruelle
mais finalement pathétique Callisto (Hudson Leick). Côté gentil, n'oublions pas le
truculent joxer « le magnifique » (Ted Raimi), gauche et maladroit, l'anti-héros par
essence, secrètement épris de Gabrielle, à qui l'on doit quelques épisodes les plus
drôles de la série.
Des épisodes comme « Un jour dans
la vie » (où, comme tout un chacun, nos héroïnes sont confrontées aux épineuses
questions de « qu'est-ce qu'on mange ce soir ? » ou encore « comment aller au petit
coin en pleine brousse ») ou « Amertume » (entièrement chanté, comme une comédie
musicale) témoignent de la créativité et de l'audace de la série. En somme, Xéna,
c'est le triomphe du non-sens à la Mel Brooks, un humour iconoclaste et pasticheur,
mariant dans l'allégresse, Cecil B. de Mille et Buster Keaton, une série qui, sous des
dehors de péplum spectaculaire, est franchement désopilante.
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