Quel compagnon donner à
Xéna ? La présence régulière d'un homme à ses côtés seraitelle rationnelle,
crédible, sans qu'il faille un jour les associer côté coeur ? Lucy Lawless ellemême
s'y refusa dit-on! « Je ne me vois pas rendre des comptes à un homme fusse-t-il beau
comme un dieu! » ironisa-t-elle. On pensa à un animal: trop compliqué de faire venir un
dresseur dans le bush néo-zélandais. Pourquoi pas un dieu ou une conscience qui la
guiderait dans ses missions : des effets spéciaux supplémentaires jugés trop chers. «
Et pourquoi pas une femme ? » lança l'un des membres de l'armada de scénaristes qui, à
Los Angeles, planchent 24 heures sur 24 pour les studios Universal.
Pour trouer la compagne idéale, nul besoin de casting comme Lucy
Lawless, Renée (le « é » se place après le « e ») O'Connor, jeune Texane de 24 ans,
s'était déjà fait remarquer par les producteurs dans le téléfilm Hercule et le royame
oublié, où elle était Deianeira, une jeune fille sauvée par le demi-dieu puis dans
Darkman 2 de Sam Raimi. Pour sa quête initiatique et rédemptrice, Xéna peut donc
compter dès le premier épisode de sa série sur le concours de cette jeune et blonde
paysanne qui lui voue une admiration sans borne. Association féminine unique si l'on
excepte les Drôles de darues et autres Cagney & Lacey, qui, elles, obéissaient à un
homme, Xéna et Gabrielle entretiennent des rapports amicaux, parfois tendres à la limite
de l'ambiguité, ce qui vaudra d'ailleurs à la série de déclencher les foudres de
certains censeurs et, répétons-le, les ferveurs des ligues lesbiennes.

À tel point que les producteurs se sont mis en à jouer, parsemant la
seconde saison de scènes plus que controversées. Dans l'épisode « Résurrection »,
Xéna prend possession du corps d'Autolycus (Bruce Campbell) et... embrasse Gabrielle - et
pas sur la joue ; dans le drôlatique et inventif « Un jour dans la vie », Xéna et
Gabrielle prennent un bain ensemble... Sans être totalement explicite, l'ambiguïté
demeure même si, selon le discours officiel, seule compte une amitié à la fois virile
et féminine. Un discours dont ne s'embarrasse pas la co-productrice Liz Friedman,
elle-même homosexuelle, qui revendique l'évidence d'une tendre liaison entre les deux
héroïnes. « Avec Xéna, nous jouons au premier degré, mais il y a aussi une seconde
lecture qu'il faut parfois décrypter, » reconnaît-elle non sans malice. Quant aux
millions de petites filles qui regardent Xéna de par le monde, cela ne semble pas les
gêner le moins du monde, en tout
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