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Top Séries : Vos stars : interviews : David Duchovny

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Interview de David Duchovny par Guilliane Anderson

 

La vérité sur David Duchovny

David Duchovny attend devant son trailer, sur les plateaux de The X-Files, à Los Angeles : il attend sa co-star, Gillian Anderson. "Elle est au téléphone avec Mike Wallace", dit-il en souriant. "Elle lui demande des tuyaux sur les interviews". Il blague : Anderson n'a pas contacté l'homme en question, mais quand elle arrive enfin, pour sa première assignation en tant que journaliste, elle est plus que bien préparée. Quand USA Weekend lui a demandé d'interviewer Duchovny, elle a été flattée d'apprendre que c'était lui qui l'avait suggérée pour faire le travail.

Assise en tailleur à côté de Duchovny, sur un divan de son trailer, Anderson parcourt huit pages manuscrites de questions et mène et échange marrant et franc, que les fans d'X-Files considèreront certainement comme historique.Les acteurs abordent une multitude de sujets : les rumeurs courent selon lesquelles les acteurs ne s'entendent absolument pas, les raisons qui font que leurs plus grands fans sont ennuyeux, l'image finale que les téléspectateurs auront de leurs personnages, Fox Mulder et Dana Scully, quand la série arrivera à son terme. Anderson, 31 ans, est particulièrement intéressée par le fait que Duchovny, 39 ans, a secoué son personnage stoïque qu'est Mulder, pour interpréter un charmant et romantique personnage dans le nouveau film, "Return to me", dans les salles le 7 Avril 1999...


16:03 - Los Angeles

Anderson :
Ça te rend nerveux d'être interviewé par moi ?

Duchovny :
Non. J'ai hâte d'entendre tes questions : "Comment c'est de travailler avec Gillian Anderson ? Est-ce que vous êtes copains ? Est-ce que vous vous voyez en dehors du boulot ?"

Anderson :
Bien. Avant tout, j'ai vu le film [Return To Me - sortie aux USA le 17 avril]

Duchovny :
On croirait une intervieweuse professionnelle.


Anderson :
J'ai adoré le fait que l'on n'y retrouve absolument rien de Mulder. Qu'y a-t-il de plus effrayant quand tu te lances dans un projet différent de X-Files ?

Duchovny :
A ce stade de ma carrière, il est évident que quand le public me voit, il pense à Mulder. C'est une réalité, et je ne peux rien y faire. C'est très dur, et tout à coup, j'essaye de faire quelque chose de différent. C'est dur de s'en rendre compte car c'est c'est en grande partie inconscient.

Anderson :
Le pire, ce serait que tu fasses un film et qu'ils te demandent de prendre un air effrayé. Tu serais obligé de trouver un air effrayé différent.

Duchovny :
Et tu es prisonnier de ton visage et de ton corps. Si tu ne portes pas beaucoup de maquillage ou que tu ne parles pas avec un accent, il y aura des ressemblances.

Anderson :
Qu'est-ce qui t'a attiré dans Return to Me ?

Duchovny :
J'aimais bien l'aspect vieux-jeu de ce film. L'humour est simple, et les personnages sont à des milliers de kilomètres des histoires compliquées de X-Files. [DD joue le rôle d'un veuf qui tombe amoureux de Minnie Driver, qui s'est fait transplanter le coeur de sa défunte femme.]

Anderson :
Ça t'a plu de jouer dans une relation où tu peux enfin conclure ?

Duchovny :
Je me souviens de ce que j'ai fait avant XF. Il y avait plein de scènes d'amour. Je ne ressentais pas le besoin de prouver que je pouvais simuler un coït à l'écran. (GA se marre)

Anderson :
Tiens, voici une question sympa pour toi : comment vois-tu notre relation ?

Duchovny :
Comme les racines d'un arbre. Très emmêlées, mais grandissantes. On sait que l'arbre est vivant, et il fonctionne comme un arbre, mais on ne peux pas le démêler. Enfin, si, on pourrait, mais avec l'aide d'un professionnel très compétent.

Anderson :
[qui hurle de rire] Un psychothérapeute ?

Duchovny :
Ouais. Ça me rappelle toujours le 3ème ou 4ème épisode. J'étais assis dans le bureau avec Chris Carter, et il voulait vraiment qu'on se fasse aider. Il était inquiet à cause de notre relation à l'écran. Il m'a dit : "Vous avez l'air de vous ennuyer ou de ne pas vous apprécier. Vous devriez peut-être voir quelqu'un." J'ai pensé, "Hein ? En tant que M et S ? 'Bonjour, je m'appelle Fox Mulder. Voici ma partenaire, Scully. Nous sommes venus pour une thérapie de couple.'"

Anderson :
Je ne me souviens pas de ça.

Duchovny :
Tu ne devais pas être là. Mais on devrait peut-être suivre une thérapie pour acteurs qui jouent dans une longue série. Ça serait bien pour les acteurs de Friends de suivre une thérapie de groupe. Nous, on suivrait une thérapie de couple, parce qu'on n'est pas un groupe. En fait, quand Chris a dit ça, j'ai pensé qu'il était cinglé. Mais on passe réellement beaucoup de temps ensemble, c'est une relation difficile à gérer. Dès que je dis, "Non, on ne se voit pas en dehors du boulot," tout le monde dit -- "Vous vous détestez." Apparemment, les fans - tels qu'ils sont décrits par les journalistes - ne peuvent pas concevoir que notre relation puisse être complexe. On ne peut pas la résumer à "Je l'adore. C'est la meilleure!" ou "Je peux pas l'encadrer !"

Anderson :
Ça t'arrive de détester Mulder ?

Duchovny :
Non. Je déteste quand les gens croient que je suis Mulder. C'est très bizarre. Je déteste qu'on m'appelle Mulder. Je n'aime pas non plus qu'on m'appelle Scully. Ça t'arrive qu'on t'appelle Mulder ?

Anderson :
Oui. Ça fait bizarre.

Duchovny :
Certaines personnes me disent, "Je suis un très grand fan, Scully! ... J'adore ta série, Scully." [Ils éclatent de rire] Ou alors, il disent, "Où est Scully ?"

Anderson :
Qu'est-ce qui a été le plus dur pendant ces 7 années ?

Duchovny :
Sans doute ces histoires à Vancouver. [DD avait fait des commentaires désobligeants sur cette ville canadienne, où XF a été tourné pendant 5 saisons. Il a ensuite dit que c'était pour rire.] J'ai eu le sentiment de m'être mis dans une situation où je n'aurais jamais raison. Les gens m'en voulaient. Il n'y avait rien à faire.

Anderson :
Maintenant que XF a déménagé à Los Angeles, est-ce que Vancouver te manque ?

Duchovny :
Tout le temps. Mais j'ai été têtu. J'ai refusé de dire que des choses ou des gens de Vancouver me manquaient, parce que j'étais furieux qu'ils aient mal interprété mes propos. Je ne voulais pas qu'ils pensent que je m'excusais. Ils auraient dit, "Il nous lèche les bottes." J'aimais beaucoup Vancouver. Mais je préfère être à L.A.

Anderson :
Quelle est l'idée la plus fausse que les gens ont de toi ?

Duchovny :
Que je n'aime pas la pluie. [Pause] Je ne sais pas. En répondant à une telle question, je donnerais de l'importance à cette idée fausse. Même si les gens n'avais jamais pensé que j'avais les cheveux roux ; si j'en parle, ils se diront, "Peut-être qu'il a les cheveux roux." Et en moins de deux, les gens se mettront à me dire, "Je croyais que tu avais les cheveux roux."

Anderson :
Est-ce que tu es le même en privé et en public ?

Duchovny :
Personne ne veut se mettre à nu, ou révéler des choses importantes dans des talk-show bébêtes. On veut faire son boulot d'acteur, c'est-à-dire alimenter la machine publicitaire, mais on veut aussi rentrer chez soi le soir, et ne pas avoir à retirer six peaux différentes pour se sentir propre. C'est pour ça que je plaisante beaucoup, que je donne l'impression de ne pas prendre les choses au sérieux. Mais en fait, c'est le contraire.

Anderson :
La solitude est-elle importante pour toi ?

Duchovny :
Tu n'es pas la seule personne que je ne vois pas en dehors du boulot. J'ai toujours été plutôt solitaire. Téa me comprend. Elle ne se vexée pas quand je veux être seul.

Anderson :
Si tu pouvais vivre deux vies différentes en même temps, quelle serait ton autre vie ?

Duchovny :
Je peux passer un coup de fil ? [GA rigole. DD réfléchit] Je serais un athlète professionnel ou un professeur.

Anderson :
Si tu pouvais refaire les 7 dernières années, que changerais-tu ?

Duchovny :
J'aurai signé des contrats au lieu de serrer des mains

Anderson :
Que sais-tu sur moi que je ne sais pas moi-même ? Ça peut être négatif, je suis une grande fille.

Duchovny :
Tu ne devrais pas cacher ton grain de beauté. Tu aurais dû refuser au début, et tu devrais refuser maintenant. C'est une lubie de CC. Je sais que ça n'a rien à voir avec ta vanité. Il a jugé que ton visage n'était pas assez grand pour ce grain de beauté, et qu'on dirait une crotte de nez. Moi, je trouve que ça vous va bien, à toi et à Scully. C'est un grain de BEAUTE. Il n'y a pas de poil dessus, hein ?

Anderson :
Non !

Duchovny :
Tu n'aimes pas quand ça, quand c'est moi qui pose les questions, hein ?

Anderson :
[rigole] Tu crois qu'on pourrait faire un film autre que XF ensemble ?

Duchovny :
Bien sûr. Ce serait sympa de jouer des personnages qui ont une relation à découvert et non cachée. Ce serait sympa d'avoir une relation instable.

Anderson :
Parfois, quand j'envisageais de faire certains films, j'apprenais qu'ils voulaient te prendre pour le rôle masculin.

Duchovny :
En théorie, ça paraît sympa, mais dans la pratique, c'est impossible qu'on le fasse. A moins que ce soit le meilleur script qu'on ait jamais lu et qu'on dise, "Tant pis pour Mulder et Scully. On doit le faire." Sinon, ce serait débile. Les gens iraient nous voir au cinéma pour se moquer de nous. [Ils rigolent] On ne se rend jamais assez compte à quel point les gens aiment se moquer.

Anderson :
Je ne sais pas s'ils se moqueraient, mais en tout cas, ils nous jugeraient.... Quand Piper [sa fille de 5 ans] est née, j'ai eu plein de cadeaux faits-main venant des quatres coins du globe. Ça m'a montré un aspect des fans que je ne connaissais pas auparavant, et qui reflète plus d'amour et de reconnaissance que de dépendance dans le mauvais sens du terme. Tu vois ce que je veux dire ?

Duchovny :
Non. Mes fans ne tricotent pas beaucoup, je suppose.

Anderson :
Tu collectionnes quelque chose ? Des figurines d'éléphants, par exemple ?

Duchovny :
Oui ! A partir de maintenant. S'il vous plaît, les fans, envoyez-moi des figurines d'éléphants. Des petites, des grandes, je les garderai toutes.

Anderson :
A ton avis, comment va finir la série ?

Duchovny :
On fera au moins un deuxième film, alors ça ne se finira pas vraiment. Il y aura une image de fin, mais elle sera tellement attendue qu'à mon avis, elle sera trop surchargée et ne marchera pas. Mon image préférée des 7 saisons, c'est la fin de l'épisode en noir & blanc [Post-Modern Prometheus - 5X06], où on danse au ralenti. Quelle que soit la façon dont ça finira, ça restera mon image préférée.

Anderson :
Ça-y-est. Je n'ai plus de questions.

Duchovny :
Je n'aurais pas pris cette interview plus au sérieux que tu ne l'as fait, et je n'aurais pas fait mieux. Alors, est-ce que tu vas me rappeler dans 2 semaines pour me poser des questions supplémentaires ? [Ils rigolent]

Transcript : Christine,Silvia & Mels
Interview : Gillian Anderson
pour USA Weekend

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