
Je dois retrouver Sarah Michelle au
Lola's, un restaurant de Hollywood. Quand elle pénètre dans la salle, je vois
apparaître la pure incarnation du teenager moyen américain : robe à fleurs, casquette
de baseball sur la tête, et tennis aux pieds. Submergée par l'enthousiasme, elle me
regarde droit dans les yeux tandis qu'elle répond à mes questions et signe autographe
sur autographe au personnel du restaurant. De l'énergie pure.
Harold Von Kursk :
Être Buffy, l'idole de millions d'adolescents, c'est lourd à gérer?
C'est génial. Que les gens soient attirés par l'obstination et la détermination de
Buffy, ça me plaît. C'est une fille qui s'intéresse à tout ce qui l'entoure, qui
n'accepte pas l'autorité aveuglément, qui est très concernée par les autres.
Y a-t-il un aspect de la série qui t'effraie vraiment?
Les cimetières, les fantômes et les créatures bizarres me font peur. Je n'ai jamais lu
d'histoire d'horreur, je ne suis pas candidate pour défendre le monde contre les démons.
Est-ce que certains épisodes ont été effrayants à tourner?
Ma pire expérience, c'est quand Buffy, mon personnage, est enterrée dans un tombeau.
J'ai dit que j'étais claustrophobe, incapable de le faire. Mais, le producteur a maintenu
la scène. J'étais en larmes à la fin. Je me suis juré de ne plus tourner de scène de
cimetière de toute ma carrière.
Tu as tourné deux fois pour le cinéma l'année dernière. As-tu songé à
quitter Buffy?
Oh non, j'adore jouer dans cette série. Si Buffy continue à marcher, j'y reste au moins
pour les 5 ans à venir. Incarner Buffy est un pur plaisir!
Tu es devenue un sex-symbol, mais tes personnages ne sont pas très portés sur "la
chose"...
C'est vrai, j'ai peur de jouer une scène nue. Je n'ai pas les seins de Pamela Anderson,
moi !
Te décrirais-tu comme une fille sexuellement agressive?
Je suis la petite timide qui se cache dans un coin lors des soirées ! N'empêche que je
vais à beaucoup de soirées ! Je suis comme Buffy, j'essaie de me trouver une vie social
à Los Angeles.
As-tu beaucoup de petits amis?
Pas autant que j'aimerais. J'ai eu quelques relations qui ont tourné au désastre. J'en
ai tiré une leçon. Avec les mecs, j'ai du temps à rattraper.
Tu n'as que 21 ans. Comment vois-tu l'homme idéal ?
Élégant, passionné. Je le vois bien dans la banque ou l'architecture, quelqu'un dont
les intérêts n'auraient rien à voir avec le cinéma ou la télé. Je rêve d'un homme
qui me parlerait des galeries d'art parisiennes et de la crise en Asie. Alors tout cela
élimine virtuellement tous les hommes de Los Angeles.
Comment définis-tu une belle relation amoureuse?
Pour moi, le sexe est une affaire de psychologie, il faut de la romance et être
complètement lâchée au lit. J'attends toujours après ça !
As-tu eu beaucoup de relations amoureuses au lycée?
Pas tant que cela. J'avais un petit ami qui était plus âgé que moi et qui m'a initiée
à la sexualité. Ç'a été une expérience positive. Tant d'ados sont si mauvais au lit
que c'en est incroyable ! les jeunes mecs ne font pas la différence entre un orgasme
féminin et une quinte de toux !
ENTREVUE n°81 Avril 1999 |